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Abstract

Résumé de la thèse Au tournant des années 2000, des politiques d’action positive directes et indirectes ont été mises en place par des universités prestigieuses au Brésil et en France, entrant en tension avec les récits color blind de la « démocratie raciale » et de l’« universalisme républicain » dominant dans chacun de ces pays. Au Brésil, les quotas basés sur des critères sociaux et ethnoraciaux se sont rapidement généralisés et ont fait l’objet d’une loi nationale en 2012. En France, l’action positive est restée limitée, et, à ce jour, seule Sciences Po Paris a mis en place une voie d’accès parallèle basée sur un critère territorial. Quels sont les effets de ces différentes modalités d’action positive pour les bénéficiaires ? Comment ces personnes s’approprient-elles les programmes d’action positive directe et indirecte qui leur sont destinés ? En s’inscrivant dans le champ des études comparées sur l’action positive, cette thèse contribue également à la littérature sur le mérite, la race, les discriminations, et les legal consciousness studies. Elle mobilise des données qualitatives issues (a) de 87 entretiens semi-directifs avec des bénéficiaires avéré.es et potentiel.les, ainsi qu’avec les personnes qui les encadrent ; (b) d’une enquête ethnographique au sein des « ateliers Sciences Po » en Seine–Saint-Denis et des cours préparatoires gratuits d’entrée à l’université à Rio de Janeiro ; et (c) d’un échantillon de 145 rédactions produites par des participant.es aux cours préparatoires d’entrée à l’université au Brésil. L’analyse porte sur les différentes facettes de la réception des politiques d’action positive dans l’enseignement supérieur au Brésil et en France. Elle permet d’examiner les effets de légitimation, de délégitimation et d’appropriation de l’action positive, perçue tantôt comme un droit collectif, tantôt comme une aide destinée à une minorité d’élèves méritant.es. Elle met également en lumière les effets de l’application d’un critère racial pour définir les bénéficiaires d’une politique publique dans un contexte marqué par la lutte contre les fraudes raciales aux quotas d’un côté, et par une tentative de contourner la dimension raciale par le territoire tout en mobilisant des critères centrés sur la diversité et le mérite, de l’autre. Thesis abstract In the early 2000s, prestigious universities in Brazil and France implemented direct and indirect affirmative action policies, creating tension with the color-blind narratives of “racial democracy” and “republican universalism” dominant in each of these countries. In Brazil, quotas based on social and racial criteria spread rapidly, becoming a state-wide policy in 2012. By contrast, in France, affirmative action remained contained to specific universities and to date, only Sciences Po Paris has introduced a parallel entrance pathway based on a territorial criterion. What effects do these different forms of affirmative action have on beneficiaries? How do people appropriate the direct and indirect affirmative action programs designed for them? Situated in the field of comparative studies on affirmative action, this thesis also contributes to the literature on merit, race, discrimination, and legal consciousness studies. It draws on qualitative data from (a) 87 semi-structured interviews with actual and potential beneficiaries in France and Brazil, as well as their supervisors; (b) an ethnographic survey of “Sciences Po preparation workshops” in Seine-Saint-Denis and free university preparatory courses in Rio de Janeiro; and (c) a set of 145 essays produced by participants in university preparatory courses in Brazil. It analyzes different facets of the reception of affirmative action policies in higher education in Brazil and France, illuminating the effects of the legitimization, delegitimization, and appropriation of affirmative action perceived in the Brazilian case as a collective right, and, in France, as an aid intended for a minority of deserving students. This study also sheds light on the implications of applying a racial criterion to define the beneficiaries of a public policy in a context marked by the fight against racial quota fraud on the one hand, and by an attempt to circumvent the racial dimension through territory while mobilizing criteria centered on diversity and merit on the other.

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